09/29/2014

Réussir sur les marchés américains des hautes technologies 2/4

Maintenant, après avoir évoqué les raisons qui donnent envie d’y aller, évoquons la bourse. Le nerf de la guerre.

“Money, Money, it’s a gas…”

Si nous avons tous décidé d’être entrepreneur, c’est pour révolutionner le monde, résoudre des problèmes, répondre à un besoin et aussi (accessoirement) gagner des sous. L’agent provient de plusieurs sources : la première et non des moindre est celle de nos clients mais qui n’apparaitra qu’après avoir réalisé le produit. Alors, en attendant il faut mettre quelque chose dans son assiette et celle des collaborateurs sauf si on a déjà amassé un trésor de guerre. L’innovation, même s’il elle est très prometteuse, coûte cher. Un peu comme une amante.

Il est possible d’être financé aux US mais cela demandera du temps car vous n’avez pas la même culture, et encore plus si vous êtes totalement inconnu. Aux US, la recherche a été financée à hauteur de 417 milliards de dollars en 2012. Alors comment peut-on en profiter ?

Réponse : Les responsables des cordons de la bourse sont nombreux allant du gouvernement fédéral aux business angels qui ne confient pas leurs petits à n’importe qui quand on frappe à leur porte au bon moment.

L’oncle Sam est il l’oncle Picsou ?

Aux US, la recherche est financée à sa grande majorité par des financements privés. Mais commençons par la minorité : les financements fédéraux. Ces financements sont destinés à trois acteurs : la recherche militaire, aux laboratoires fédéraux et aux universités. Autant dire que c’est extrêmement élitiste. De plus, crise oblige, il est fort probable que le gouvernement fédéral réduise son investissement.

Mais il reste tout de même 265 milliards de dollars d’investissement privé ! Est il possible de se tailler un tranche dans ce gâteau alléchant ?

Pour cela il faudra aller voir les VC (Capital-risque), les Business-Angels et le Crowdfunding. Voici leur fiche.

Capital risque

Ils sont généreux. Très généreux, jusqu’à 8,3 M$ pour une seule start-up.

Mais ils financent que rarement. Ils préfèrent le web, les logiciels car leur retour sur investissement est plus rapide que des sujets plus fondamentaux (autrement plus complexes).

Ils se trouvent dans les écosystèmes innovants : autour des universités, dans les mégapoles.

Seulement, ils ont tendances à prendre de moins en moins de risques. Est-ce à force de mettre tout les œufs dans le même panier ? Possible, mais il faut voir aussi que l’innovation prend du temps (10 ans) et que ces gens sont plus dans le profit immédiat soit 3 ans. Ils doivent également éponger quelques bulles, comme celle autours du solaire. A cela se rajoute un contexte économique mondial tendu : de nouvelles législations devraient voir le jour et en attendant, ils préfèrent rester prudents.

Pour les toucher, il faut donc être dans l’air du temps, savoir se positionner vis à vis de son écosystème. Et briller.

En contre parti de leur investissement, ils deviennent des associés importants de l’entreprise. Comprenez par là qu’ils prennent des parts importantes du capital.

Il ne faut pas croire, il existe également des VC en Europe ! Tout comme leurs homologues américains, il y en a des bons et des mauvais. Par contre peu de VC européens ont également un pied aux US.

Business Angel

Ils sont tout de même généreux, jusqu’à 0,34 M$ pour une seule start-up.

Ils financent régulièrement et ils interviennent avant le Capital risque.

Nous pouvons les retrouver partout sur le sol américain.

Leur investissement global aux US a été proche de celui des VC en 2012 : 22,9 milliard de dollars contre 27,8 milliard de dollars. De plus, ils investissent dans beaucoup plus d’entreprises que leur grand-frère VC : en 2012, 67 034 sociétés ont été financées (contre 3 417 par les VC).

Pour eux aussi, il faudra les intégrer au capital.

Financement participatif : le crowdfunding

Bien que le financement soit faible 0,017M$, c’est une solution qui est en pleine expansion.

Ils financent beaucoup de projet, dans des domaines extrêmement variés allant de la biologie médicale à la papèterie en passant par l’agro-alimentaire.

Etant donné que c’est le commun des mortels qui participent, nous les croisons tout les jours dans la rue que ce soit en allant chercher le petit à l’école ou en rentrant de la plage. Ils sont partout…

Le nombre est une puissance phénoménale capable de soulever des montagnes ! Encore faut il leur proposer un produit qui leur parle vraiment pour qu’ils puissent l’utiliser au quotidien mais aussi qu’ils comprennent l’innovation (quitte à vulgariser son langage). Puis il faudra gérer également cette communauté : leur parler des avancements, des difficultés mais aussi en quoi leur investissement a servi. Bref, il faudra créer une histoire avec eux. Il ne faut pas oublier que nous sommes de grands enfants, nous sommes friands de contes. Et qu’il peut être très valorisant (surtout pour ceux qui ne sont pas (encore?) des entrepreneurs) de faire partir de la belle histoire.

Même si ce mode de financement peut être aléatoire, très gourmant en temps, la société bénéficière reste entre les mains des fondateurs (sauf si cela fait parti du lot gagnant pour ces investisseurs).

Un chiffre tout de même : 6 milliard de dollars ont été investis en 2012.

Tout comme pour les VC et les business angel, ce mode de financement sera prochainement plus règlementé.

Le crowdfunding n’est pas autant développé en Europe qu’aux US, bien qu’il y ait donné naissance à une chanson bien connue de Grégoire. “Toi plus moi, plus eux, plus tout ceux qui le veulent…” Même si la musique n’est pas une illustration de l’innovation.

Je suis l’Elu. Financez moi !

ça c’est vous qui le dites… VC et Business angel investissent dans un projet, certes mais pas que. Je ne parlerai pas du crowdfunding car ce mode passe pour beaucoup par de l’affecte mais aussi parce qu’il n’a pas été évoqué lors du séminaire.

Il y a autant de stratégies de sélection des sociétés intéressantes qu’il existe d’agences. Je pense que dans le lot, on peut retrouver des arts obscures mais il y a deux grandes écoles.

La première consiste à faire confiance aux équipes purement techniques. En effet, qui de mieux que des personnes issues du monde visé par le produit pour créer le produit ? Elles savent de quoi elles parlent (enfin on l’espère) et elles sont capables de créer et de mettre au point le produit. Que demander de plus ? Une équipe pour vendre ? ça, c’est du bonus mais elle peut être apportée par les agences. Ainsi elles placent des personnes de confiance (normalement). Ainsi elles participent d’autant plus à la vie de la société. Sans compter que c’est un apport qui n’est pas en monnaies sonnantes et trébuchantes.

La seconde est dans la culture des fondateurs. Est-ce dans leur capacité a créé autant d’intérêt que dans celle a donné corps à un produit ? A moins que cela soit sur la notoriété ? Ou dans les réalisations antérieures ? A moins que cela soit la vision et la culture entrepreneuriale ? Je ne sais pas car l’intervenant n’a malheureusement pas pu rentrer dans les détails. Mais je suis curieuse, et si vous avez plus de détails je suis preneuse !

L’occasion fait le larron

Oui et non. Comme ça été évoqué plus haut, les différents acteurs n’interviennent pas tous au même moment dans la vie de la start-up.

Au commencement. Il y a la famille, les amis, soit-même… bref du love money. Nous pouvons également nous tourner vers le crowdfunding mais il faut arriver à convaincre.

Ce tout premier financement, permettra de développer les premiers MVP, la version preview (car béta n’est plus trop à la mode). Avec ça, on peut contacter les business angel. D’où l’intérêt à aller vite.

Le produit s’est bien développé, il est même entre les mains d’utilisateurs ! Il commence à générer des ressources propres mais pas suffisamment pour monter en puissance. Les VC sont là pour ça.

La mayonnaise prend ! L’activité est en pleine croissance et les transactions avec les clients prennent toujours plus d’ampleur. Besoin de sous ? Les banques sont rassurées, nous ne sommes plus des oisillons.

Là, il va falloir commencer à se poser des questions : faut il innover dans de nouveaux produits ? Faut il vendre ? A moins que l’on préfère aller jusqu’à la maturité de la société.

Aux US, les sommes mises en jeu pour le financement des start-up sont colossales. Mais, j’aimerai pondérer car tout coûte plus cher qu’en Europe. De plus, en France, il ne faut pas oublier que nous profitons de très nombreuses aides institutionnelles comme les Assedic (oui, pôle emploi est le premier investisseur et il intervient dès le début), le statut JEI, les CIR, les aides OSEO (qui double la mise) et maintenant la Banque Publique d’Investissement. Nous avons des organismes plus territoriaux, je pense à Scientipole, qui investissent également et offre conseils et encadrement. Là aussi, il faut réfléchir à ce que l’on va faire et où. Car faire des levées de fond d’un côté et profiter des aides de l’autre, c’est très difficile. Savoir qui voir et quand reste cependant universel.

Comment faire des rencontres, mais surtout rencontrer les bonnes personnes au bon moment ? En cultivant son réseau bien sûr ! Ce sera le sujet du troisième billet.


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